Depuis de nombreuses années, Jean-Jacques Paire collectionne des outils anciens, venant de ses aieux ou de vide greniers des environs. Durant ses loisirs, il sillonne ainsi la région, voire même la France, pour enrichir sa collection. En 2002, conscient de l’intérêt croissant de cette dernière, et souhaitant partager sa passion, le viticulteur décide d’exposer ses outils dans sa cave.

Une venue au Domaine Paire est toujours l’occasion d’apprendre une foule de choses au contact de ces objets. Chaque outils possède sa propre histoire à la fois dans son usage pratique et son acquisition.

Avant même d’entrer dans le cuvage, vous vous attarderez devant le pressoir à perroquet. Ce pressoir en chêne était intégré à la charpente du cuvage dans lequel il se trouvait depuis 1860. Il est du même type que celui exposé à Oingt, mais se trouve dans un meilleur état de conservation. Le terme de « perroquet » provient du système destiné à produire la force: une roue équipée d’échelons permettait à un homme d’utiliser son propre poids pour animer le pressoir. A côté de ce pressoir, se trouve une cuve de la même époque, utilisée pour le foulage et la macération du raisin. Cette cuve n’est pas cerclée avec du métal mais avec des troncs en frêne, liés avec de l’osier. Il existe peu de matériel antérieur à la Révolution, car jusqu’à cette période, le pressurage était réservé à la noblesse et à l’Église, il existait donc un pressoir banal dans chaque seigneurie, les vignerons venaient donc pressurer leur vendange au château. Depuis le XIXème, dans le Beaujolais, les vignes appartenaient à de riches familles lyonnaises qui les exploitaient par l’intermédiaire de vignerons, au statut proche des métayers, dans le cadre de contrats de « vigneronnage ». Tout le matériel, et les frais étaient payés par le propriétaire, qui en contrepartie obtenait la moitié de la récolte du vigneron, qui cultivait la vigne.